Dossier réglementation · Octobre 2026
Cannabis en Suisse : ce que montrent vraiment les essais pilotes, et ce que ça change pour le CBD
Le CBD en vente libre, le cannabis prescrit par un médecin et le cannabis récréatif testé dans sept essais pilotes sont trois choses différentes. Voici ce que disent les premiers résultats officiels et scientifiques, avec leurs limites.
Entre le CBD en vente libre, le cannabis prescrit par un médecin et les essais pilotes réservés à quelques milliers d'adultes, le cadre suisse du cannabis est souvent mal compris. En septembre 2026, deux jeux de résultats importants sont sortis : un rapport intermédiaire de l'étude SCRIPT (Berne, Bienne, Lucerne) et une analyse à un an du projet Weed Care de Bâle. S'y ajoutent la synthèse fédérale publiée en janvier 2026 et les chiffres de Lausanne.
Nous ne prenons pas parti dans le débat sur une légalisation, et ces essais ne portent pas sur le CBD : ils concernent du cannabis riche en THC, vendu à des adultes déjà consommateurs. Mais ils éclairent le contexte dans lequel notre secteur évolue, et ils montrent comment lire des résultats préliminaires sans leur faire dire plus qu'ils ne disent.
01Trois statuts légaux, trois régimes
Le critère de départ est la teneur en THC, la substance psychoactive du cannabis. Les produits dont la teneur totale en THC est inférieure à 1 % ne sont pas soumis à la loi sur les stupéfiants (LStup), contrairement au cannabis plus riche en THC (OFSP).
| Statut | Condition | Cadre |
|---|---|---|
| Produits CBD | Teneur totale en THC inférieure à 1 % | Hors loi sur les stupéfiants. Selon le produit, d'autres lois s'appliquent (denrées alimentaires, produits chimiques, sécurité des produits). |
| Cannabis médical | Prescrit par un médecin | Autorisé sans autorisation exceptionnelle de l'OFSP depuis le 1er août 2022. Production et commerce contrôlés par Swissmedic. |
| Cannabis récréatif | THC de 1 % ou plus, usage non médical | Interdit, sauf pour les adultes admis dans un essai pilote scientifique (art. 8a LStup). |
Pour les fleurs de chanvre, c'est la teneur totale en THC qui compte, THC et THCA additionnés, selon l'aide-mémoire fédéral sur les produits contenant du CBD.
02Cannabis médical : ce qui a changé le 1er août 2022
Avant 2022, un médecin qui voulait prescrire du cannabis devait obtenir une autorisation exceptionnelle de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP). Le Conseil fédéral a décidé le 22 juin 2022 de lever cette interdiction dans la loi sur les stupéfiants, avec effet au 1er août 2022 (communiqué du Conseil fédéral). Depuis, le médecin prescrit sous sa propre responsabilité, au moyen d'une ordonnance de stupéfiants.
La culture, la fabrication et le commerce de cannabis à usage médical sont soumis au système d'autorisation et de contrôle de Swissmedic, comme d'autres stupéfiants médicaux, et l'exportation commerciale est possible avec une autorisation de Swissmedic. Les médecins doivent aussi transmettre à l'OFSP, par un système de déclaration en ligne, des données sur le traitement pendant les premières années de thérapie, afin de suivre l'évolution des prescriptions et d'en documenter les effets. Aucune déclaration n'est requise pour les médicaments à base de CBD pur ou d'extraits dont la teneur totale en THC est inférieure à 1 % (OFSP).
Le cannabis récréatif, lui, est resté interdit en dehors des essais pilotes.
Prescrit ne veut pas dire démontré
Lever l'interdiction facilite l'accès au cannabis médical, elle ne tranche pas la question de son efficacité. Les revues Cochrane et Annals of Internal Medicine publiées en 2026 sur la douleur sont détaillées dans notre dossier sur les bienfaits et les recherches.
03Les essais pilotes en bref : sept projets, environ 10 400 adultes
L'article 8a de la loi sur les stupéfiants, en vigueur depuis le 15 mai 2021, permet de tester scientifiquement, dans un cadre limité, la vente contrôlée de cannabis non médical. Chaque essai est limité à cinq ans (prolongeables de deux) et à 5 000 participants. Les produits sont cultivés en Suisse selon des normes biologiques, avec une teneur en THC plafonnée à 20 %, sans publicité et avec des quantités d'achat limitées. Les participants doivent être majeurs et déjà consommateurs, et ne peuvent pas consommer dans l'espace public.
En juin 2025, environ 10 400 personnes participaient aux sept essais, soit un peu moins de 5 % des quelque 220 000 personnes ayant déclaré en 2022 avoir consommé du cannabis au cours du mois précédent, selon l'Office fédéral de la statistique (synthèse fédérale).
| Essai | Lieu | Modèle de vente | Participants |
|---|---|---|---|
| La Cannabinothèque | Vernier (GE) | Magasin associatif à but non lucratif | env. 1 300 |
| Cann-L | Lausanne | Magasin spécialisé à but non lucratif | env. 1 500 |
| SCRIPT | Berne, Bienne, Lucerne | Pharmacies | 762 (fin 2024) |
| Cannabis Research Zürich | Zurich | Magasins spécialisés à but lucratif | env. 3 200 |
| Weed Care | Bâle-Ville | Pharmacies | 314 |
| ZüriCan | Zurich | Pharmacies, centre d'information, social clubs | env. 2 217 |
| Grashaus | Bâle-Campagne | Magasins spécialisés à but lucratif | env. 1 100 |
Participants en juin 2025 selon l'OFSP, sauf SCRIPT (fin 2024). Weed Care comptait 378 participants au départ ; SCRIPT en totalise 1 177 depuis la fin de son recrutement.
04Ce que dit la synthèse fédérale
L'OFSP a mandaté l'Université de Lausanne et la Haute école spécialisée du Nord-Ouest de la Suisse pour comparer les sept essais. Le deuxième rapport, daté du 17 novembre 2025, couvre la période allant jusqu'à mi-2025 et a été rendu public en janvier 2026. Ses auteurs sont des spécialistes de sciences politiques, indépendants des essais.
Pas d'incident notable, une bascule vers le marché légal, des signaux encore fragiles
Aucun effet négatif notable sur la santé ou l'ordre public n'est signalé, et la police n'a transmis aucune information sur des problèmes liés aux participants ou aux produits.
Pour la majorité des participants, les points de vente légaux sont devenus la principale source d'approvisionnement. Dans trois essais à but non lucratif (La Cannabinothèque, Cann-L, Weed Care), la moitié à deux tiers des participants se fournissent exclusivement ou presque exclusivement sur le marché légal. À Grashaus (magasins à but lucratif), les achats illégaux sont passés de 20 à 10 jours par mois en moyenne.
Les produits très dosés en THC restent les plus demandés, mais l'intérêt pour les vaporisateurs, les e-liquides et les produits moins dosés progresse. La quantité moyenne de THC achetée par personne et par mois est restée relativement stable sur les douze premiers mois.
Les premières analyses montrent une amélioration des symptômes d'anxiété et de dépression à Weed Care et à Grashaus. Les responsables des essais l'expliquent par la fin du stress lié à l'approvisionnement illégal et par la déstigmatisation. À Bâle, la consommation problématique recule après un puis deux ans, surtout chez ceux dont la consommation l'était déjà.
Source : résumé exécutif OFSP, UNIL et FHNW, novembre 2025. Détails en fin d'article.Les réserves des auteurs eux-mêmes
- La période est courte, donc les résultats sur les aspects sociaux et sanitaires restent limités.
- Les participants ne sont pas représentatifs : 78 % d'hommes, environ un tiers de diplômés de haute école, jeunes et petits consommateurs sous-représentés.
- La satisfaction n'est mesurée que dans trois essais.
- L'offre testée est plus restreinte que celle d'un marché commercial.
- L'expérience internationale invite à s'attendre à une légère hausse de consommation au début d'une régulation, et à des effets visibles seulement après plusieurs années.
05Bâle : Weed Care, l'essai randomisé
Le résultat randomisé à six mois (Addiction, 2025)
Weed Care est conçu comme un essai randomisé (protocole). 378 adultes consommateurs réguliers ont été recrutés entre août 2022 et mars 2023, dont 374 avec des mesures de départ exploitables. La moitié a eu accès à du cannabis en pharmacie dès le début, l'autre moitié a continué de s'approvisionner sur le marché illégal pendant six mois. L'essai était en ouvert : les participants savaient dans quel groupe ils se trouvaient. Le critère principal était un score de mauvais usage du cannabis (CUDIT-R, de 0 à 32) à six mois.
Résultat dans l'article publié dans Addiction : 10,1 points dans le groupe pharmacie contre 10,9 dans le groupe témoin, soit une différence de 0,69 point, avec un intervalle de confiance à 95 % allant de -1,4 à 0,0 et une valeur p de 0,052. Les auteurs parlent d'indices d'une différence, pas d'un effet établi. Une analyse par sous-groupe suggère que la baisse se limite aux participants qui consommaient aussi d'autres drogues. Aucun critère secondaire (symptômes dépressifs, anxieux ou psychotiques, quantité de cannabis, alcool, autres drogues) n'a varié de façon statistiquement significative.
Ce qu'on peut en retenir : à six mois, pas d'aggravation statistiquement détectable, et un signal de bénéfice modeste et incertain sur le critère principal.
Le suivi à deux et trois ans (communications du canton)
Après six mois, le groupe témoin a lui aussi eu accès aux pharmacies : la suite est un suivi observationnel, sans groupe de comparaison. Selon le Département de la santé de Bâle-Ville, 87 kg de cannabis avaient été vendus après deux ans, dont un tiers de produits à moins de 13 % de THC, soit moins que les produits habituels du marché noir. Le canton estime à environ 900 000 francs les ventes soustraites au marché illégal. Il indique que ni les jours de consommation ni les quantités n'avaient augmenté, et que les symptômes dépressifs, l'anxiété et le comportement addictif avaient reculé. 299 des 378 participants étaient encore actifs.
Après trois ans, 265 personnes l'étaient encore ; le canton rapporte une baisse nette de la consommation de joints mêlés à du tabac, des quantités achetées par personne stables, et la prolongation de l'étude jusqu'en janvier 2027 (Keystone-SDA). Ce sont des communiqués d'une administration, pas des publications scientifiques.
L'analyse à un an (Drug and Alcohol Dependence, septembre 2026)
Selon le compte rendu de Hanf Magazin du 23 septembre 2026, une analyse publiée début septembre dans Drug and Alcohol Dependence a suivi 374 participants pendant un an. Le score de symptômes dépressifs (PHQ-9) passe en moyenne de 5,37 à 4,53 points, et l'anxiété comme la consommation problématique baissent légèrement. Ces baisses sont statistiquement significatives mais faibles, et la part de personnes au-dessus des seuils cliniques reste à peu près la même. Les participants consomment un peu plus souvent qu'au départ, sans hausse de la quantité totale. Cette analyse ne comporte pas de groupe de comparaison : selon le même compte rendu, ses auteurs écrivent eux-mêmes qu'aucun lien de cause à effet n'en peut être tiré.
Les communiqués, les synthèses et les articles évalués par les pairs ne disent pas toujours la même chose avec la même nuance. C'est une raison de plus de regarder qui a mesuré quoi, et avec quel groupe de comparaison.
06Berne, Bienne, Lucerne : SCRIPT
SCRIPT (Safer Cannabis Research In Pharmacies Trial) est un essai randomisé soutenu par le Fonds national suisse et conduit par l'Université de Berne. Son rapport intermédiaire, daté du 4 septembre 2026 et présenté à la presse le 7 septembre, n'a pas encore été évalué par des pairs. Ses auteurs ont choisi de le publier avant la revue scientifique, après une relecture élargie (chercheurs, autorités, services spécialisés, participants), parce que l'étude se situe à l'interface entre science et politique.
1 177 adultes consommateurs réguliers ont été répartis au hasard : la moitié pouvait acheter du cannabis en pharmacie immédiatement, l'autre moitié après six mois d'attente. Les produits sont limités à 20 % de THC, vendus en emballage neutre, avec une taxe simulée élevée et des plafonds de 2 g de THC par achat et 10 g par mois. Le rapport présente les résultats à six mois.
- Fréquence de consommation : elle a peu changé, pour le cannabis comme pour le tabac, dans les deux groupes. Rien n'indique que l'accès en pharmacie l'ait modifiée.
- Forme de consommation : la part des participants qui fumaient exclusivement leur cannabis passe de 78 % à 58 % dans le groupe autorisé, alors qu'elle a peu bougé dans le groupe témoin (82 % au départ). Vapotage, produits oraux et usage mixte progressent. La part des personnes ayant arrêché est comparable dans les deux groupes.
- Approvisionnement : dans le groupe autorisé, 51 % des participants avaient consommé des produits fumés de l'étude dans les sept derniers jours, et 40 % des produits fumés du marché illicite, les deux sources pouvant se combiner. Les auteurs rappellent que SCRIPT n'a pas pour but d'évincer le marché illicite : prix alignés sur ce marché plus une taxe simulée, emballage neutre, plafond de THC.
- Satisfaction : 87 % du groupe autorisé jugent l'achat en pharmacie agréable, 71 % sont satisfaits du conseil, 79 % estiment disposer d'une intimité suffisante.
- Sécurité : 45 participants (4 %) ont rapporté 51 événements indésirables graves entre l'inclusion et la visite à six mois : 26 dans le groupe autorisé (24 personnes) et 25 dans le groupe témoin (21 personnes), surtout liés à des interventions médicales en milieu hospitalier. Pour un événement, un lien avec l'intervention ne peut pas être exclu à ce stade, et la validation par un comité indépendant est en attente.
- Marché illicite : 127 échantillons de cannabis illicite apportés par des participants ont été analysés, avec en moyenne 15 % de THC pour les fleurs et 22 % pour la résine. Sur 69 participants qui avaient estimé la teneur de leur échantillon, un seul l'avait estimée correctement. Neuf échantillons présentaient des anomalies liées à des cannabinoïdes de synthèse. Ces échantillons ont été remis volontairement, surtout par des connaissances : ils ne représentent pas le marché illicite dans son ensemble.
L'étude se poursuit jusqu'en 2029, avec une vente en pharmacie prolongée jusqu'au 31 octobre 2028 (prolongation autorisée par l'OFSP en septembre 2025).
07Lausanne et Genève
Cann-L (Lausanne). Dans son rapport de mai 2026, le Conseil d'État vaudois indique qu'environ 1 700 personnes se sont inscrites depuis décembre 2023 (77 % d'hommes, 36 ans en moyenne). Les volumes de cannabis achetés illégalement par les participants seraient passés d'environ 14,7 kg à 5,5 kg par mois (données 2024), et environ 70 % des inscrits déclaraient en 2024 s'approvisionner exclusivement ou presque auprès de Cann-L. Addiction Suisse estime que ses ventes représenteraient environ 18 % de la consommation lausannoise. Aucune plainte n'a été enregistrée par la police cantonale, et les certificats d'analyse des lots sont disponibles au point de vente. Ces chiffres sont des estimations d'un dispositif en cours, pas des résultats d'un essai randomisé.
La Cannabinothèque (Vernier, Genève). Environ 1 300 participants en juin 2025 selon l'OFSP. Les données préliminaires publiées en juin 2026 dans la Revue médicale suisse décrivent une cohorte surtout masculine, d'environ 38 ans en moyenne, composée de consommateurs fréquents motivés par la qualité des produits, sans événement indésirable notable à ce jour.
08Ce que ces essais ne peuvent pas dire
Cinq limites à garder en tête
- Qui est étudié : des adultes qui consommaient déjà régulièrement. Rien sur les jeunes, les non-consommateurs, ni sur l'entrée dans la consommation.
- Ce qui est vendu : une offre restreinte, plafonnée à 20 % de THC, sans publicité. Les effets d'un marché commercial ne s'en déduisent pas.
- Combien de temps : de six mois à trois ans selon les essais. Les effets d'une régulation se mesurent sur des années.
- Comment c'est mesuré : surtout par auto-déclaration. Le résultat randomisé publié à Bâle est limite sur son critère principal, et les améliorations à plus long terme viennent d'un suivi sans groupe de comparaison.
- Quel statut : le rapport SCRIPT n'est pas encore relu par des pairs, et sa propre équipe rappelle que ses résultats portent sur les effets individuels chez des consommateurs, pas sur les effets d'une régulation générale.
09Où en est la loi
Le Parlement n'a pas légalisé le cannabis. Un avant-projet de loi sur les produits cannabiques (LPCan), issu de l'initiative parlementaire Siegenthaler, est en cours de travail. La commission de la sécurité sociale et de la santé publique du Conseil national (CSSS-N) l'a mis en consultation du 29 août au 1er décembre 2025, et le rapport sur les résultats de la consultation date du 8 mai 2026 (OFSP). L'avant-projet prévoit notamment la culture pour usage personnel et l'achat de produits cannabiques par des adultes, une vente à but non lucratif dans un nombre restreint de points de vente sous concession cantonale, l'interdiction de la publicité, une taxe d'incitation et le maintien de la tolérance zéro au volant.
En mai 2026, la CSSS-N a décidé de poursuivre les travaux (16 voix contre 8 et 1 abstention) et de renvoyer le projet en sous-commission. Elle a refusé, par 17 voix contre 8, de le suspendre en attendant les résultats définitifs des essais pilotes. Plusieurs cantons demandent davantage de moyens pour la mise en œuvre, et la vente en ligne ainsi que les mesures pour les mineurs doivent être retravaillées (GREA).
Les positions restent partagées. Selon la RTS, le PS et les Verts soutiennent le projet, tandis que l'UDC et Le Centre s'y opposent, Le Centre jugeant notamment que la protection de la jeunesse n'est pas atteinte (watson). Parmi les organisations professionnelles consultées, seule la Croix-Bleue rejette le projet.
Quant au calendrier, les auteurs de l'étude SCRIPT évoquent dans leur rapport de septembre 2026 une entrée en vigueur de la future loi au plus tôt en 2031. D'ici là, le cannabis récréatif reste interdit en dehors des essais pilotes.
10Et le CBD dans tout cela ?
Le CBD dont la teneur totale en THC est inférieure à 1 % reste en dehors de la loi sur les stupéfiants : selon l'OFSP, seul le THC est contrôlé par cette loi. Les produits CBD relèvent d'autres textes selon leur nature (denrées alimentaires, produits chimiques, sécurité des produits), comme le détaille l'aide-mémoire fédéral.
Les essais pilotes, eux, ne concernent pas le CBD : leurs produits contiennent jusqu'à 20 % de THC, soit vingt fois la limite de 1 % applicable aux produits CBD, et ne sont vendus qu'à des adultes déjà consommateurs. Leurs résultats, qu'il s'agisse de consommation de THC, de santé mentale ou de marché illicite, ne se transposent donc pas à une huile ou à une fleur de CBD.
Ce qu'un acheteur de CBD peut tout de même en retenir
- Une étiquette n'est pas une analyse. Dans SCRIPT, un seul participant sur 69 avait estimé correctement la teneur en THC de son échantillon, et à Lausanne les certificats d'analyse des lots sont disponibles au point de vente. Le réflexe vaut pour le CBD : un pourcentage annoncé n'a de valeur que s'il est vérifié par une analyse de laboratoire. Nous détaillons ce point dans notre article sur les concentrations.
- Terpènes et effet d'entourage. Les évaluateurs fédéraux relèvent que deux essais à but lucratif mettent ces notions en avant dans leur discours commercial, en précisant qu'aucune preuve scientifique ne les étaie. Notre lecture est un peu plus nuancée : l'hypothèse repose sur des données précliniques réelles, mais elle n'est pas établie cliniquement chez l'humain. Voir notre page sur l'effet d'entourage.
- THC résiduel et route. Dans SCRIPT, les participants n'ont pas le droit de conduire sous l'influence du cannabis, et l'avant-projet de loi maintient la tolérance zéro au volant. Si vous utilisez un Full Spectrum, la question des traces de THC et des tests est traitée dans notre article Full Spectrum ou Broad Spectrum.
11Questions fréquentes
Le cannabis est-il légal en Suisse en 2026 ?
Pas pour un usage récréatif : il reste interdit, sauf pour les adultes admis dans un essai pilote scientifique. Le cannabis médical est autorisé sur ordonnance depuis le 1er août 2022. Les produits CBD dont la teneur totale en THC est inférieure à 1 % ne sont pas soumis à la loi sur les stupéfiants.
Depuis quand le cannabis médical est-il autorisé en Suisse ?
Depuis le 1er août 2022, un médecin peut prescrire du cannabis médical sans demander d'autorisation exceptionnelle à l'OFSP. Il doit toutefois déclarer des données sur le traitement pendant les premières années de thérapie.
Les essais pilotes concernent-ils le CBD ?
Non. Ils portent sur du cannabis riche en THC, jusqu'à 20 %, vendu à des adultes déjà consommateurs. Leurs résultats ne disent rien de l'efficacité ou de la sécurité d'une huile ou de fleurs de CBD à moins de 1 % de THC.
Les essais pilotes prouvent-ils qu'une légalisation serait sans risque ?
Non. Leurs propres auteurs soulignent des résultats encore limités : durée courte, participants non représentatifs, aucun jeune ni non-consommateur, offre plus restreinte qu'un marché commercial. Ils constatent l'absence d'effet négatif notable à ce stade, ce qui n'est pas la même chose qu'une preuve d'innocuité.
Peut-on encore participer à un essai pilote ?
Les conditions varient selon l'essai : être majeur, consommer déjà régulièrement du cannabis et habiter la ville ou le canton concerné. Le recrutement est terminé ou limité dans plusieurs essais, celui de SCRIPT ayant pris fin en août 2025. Renseignez-vous directement auprès de l'essai de votre région.
Quand le cannabis pourrait-il être légalisé en Suisse ?
Aucune date n'est fixée. Le projet de loi est en cours de travail à la commission du Conseil national. Les auteurs de l'étude SCRIPT évoquent une entrée en vigueur de la future loi au plus tôt en 2031.
Les résultats de SCRIPT sont-ils définitifs ?
Non. Ils portent sur les six premiers mois, n'ont pas encore été évalués par des pairs et seront complétés jusqu'en 2029. Les analyses de sécurité sont en attente de validation par un comité indépendant.
Une question sur le statut de votre produit CBD ?
Notre équipe peut vous répondre sur les analyses, la teneur en THC et le cadre légal.
Contacter notre service clientSources
- Conseil fédéral. L'accès au cannabis à usage médical sera facilité pour les patients, communiqué du 22 juin 2022. Lire le communiqué
- OFSP. Médicaments à base de cannabis : modification de la loi. Consulter la page
- OFSP. Utilisation du cannabis à des fins médicales. Consulter la page
- OFSP. Cannabis, addictions et santé. Consulter la page
- Swissmedic, OSAV, OFSP. Produits contenant du cannabidiol (CBD), aide-mémoire. Lire l'aide-mémoire
- Hadorn S, Mavrot C, Novet B. Analyse des résultats des essais pilotes de cannabis dans les villes suisses, deuxième partie (mi-2024 à mi-2025), résumé exécutif, 17 novembre 2025, pour l'OFSP. Lire le résumé
- Baltes-Flueckiger L, et al. Effects of cannabis regulation in Switzerland: study protocol of a randomized controlled trial. Frontiers in Psychiatry, 2023. Lire l'étude
- Baltes-Flueckiger L, et al. Effects of legal access versus illegal market cannabis on use and mental health: a randomized controlled trial. Addiction, 2025;120(10):1982-1992. Lire l'étude
- Département de la santé de Bâle-Ville. Cannabisstudie Weed Care : Positive Bilanz nach zwei Jahren, communiqué du 28 mars 2025 (en allemand). Lire le communiqué
- Keystone-SDA. Basel-Stadt takes positive stock after three years of cannabis dispensing, 19 mars 2026 (en anglais). Lire la dépêche
- Hanf Magazin. Weed Care Bâle : un an de cannabis en pharmacie sans détérioration psychique, 23 septembre 2026, compte rendu d'une analyse publiée dans Drug and Alcohol Dependence (2026). Lire le compte rendu
- Tomaschek R, et al. SCRIPT, rapport intermédiaire 2026, Université de Berne, 4 septembre 2026 (non évalué par des pairs). Lire le rapport
- Conseil d'État du canton de Vaud. Rapport au Grand Conseil sur les essais pilotes de remise contrôlée de cannabis, mai 2026. Lire le rapport
- Cina N, et al. Regulated cannabis distribution pilot studies in Switzerland: an example in Geneva. Revue médicale suisse, 2026;22(965):1022-1026. Lire la référence
- OFSP. Nouvelle loi sur les produits cannabiques (avant-projet et rapport sur les résultats de la consultation). Consulter la page
- GREA. Cannabis : le Parlement poursuit les travaux, 12 mai 2026. Lire l'article
- RTS. Cannabis en Suisse : le débat sur la légalisation divise partis et organisations. Lire l'article
- watson. Légalisation du cannabis : les partis suisses ne sont pas d'accord. Lire l'article
Cet article est à visée informative. Il ne constitue ni un avis juridique ni un avis médical. Il reflète l'état des sources consultées au 20 octobre 2026 ; la situation réglementaire et les résultats des essais pilotes évoluent. Le CBD n'est pas un médicament.
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